Marguerite de Lorraine-Vaudémont une grande figure du patrimoine d’Argentan
Une princesse issue des grandes lignées royales françaises
Née en 1463 au château de Vaudémont en Lorraine, Marguerite de Lorraine-Vaudémont appartient à l’une des plus prestigieuses familles princières de son époque. Fille de Ferry II de Vaudémont et de Yolande d’Anjou, elle est la petite-fille du célèbre « Bon Roi René », René d’Anjou, duc de Lorraine, comte de Provence et roi de Naples.
Par sa mère Yolande d’Anjou, Marguerite descend également du roi de France Jean II le Bon, souverain de la dynastie des Valois au XIVe siècle. Cette ascendance royale place Marguerite de Lorraine au cœur des grandes lignées européennes de la fin du Moyen Âge.
Sœur du duc René II de Lorraine, vainqueur de Charles le Téméraire lors de la bataille de Nancy en 1477, elle grandit dans un environnement politique et culturel particulièrement influent.
Marguerite de Lorraine et le duché d’Alençon
Son mariage avec René d’Alençon
En 1488, Marguerite épouse René d’Alençon, duc d’Alençon et prince du sang issu de la maison de Valois. Cette union fait d’elle duchesse d’Alençon et comtesse du Perche. Le couple donne naissance à trois enfants, dont Charles IV d’Alençon.
À la mort prématurée de son époux en 1492, Marguerite devient veuve à seulement vingt-neuf ans. Elle assure alors avec énergie la régence du duché pendant la minorité de son fils.
Une femme de gouvernement remarquable
Marguerite de Lorraine joue un rôle majeur dans l’administration du duché d’Alençon. Les chroniques historiques soulignent sa capacité à restaurer les finances du duché, fragilisées par les guerres et les tensions politiques de la fin du Moyen Âge.
Elle réforme également la justice et veille à préserver l’autonomie du duché face au pouvoir royal. Son action politique fait d’elle une personnalité respectée dans l’ensemble du duché d’Alençon.
L’action de Marguerite de Lorraine à Argentan
Une grande bienfaitrice de la ville
Argentan occupe une place essentielle dans la vie de Marguerite de Lorraine. Très attachée à la ville, elle y développe une importante œuvre religieuse et charitable.
Profondément marquée par la spiritualité franciscaine, elle fonde à Argentan un couvent de clarisses à partir de 1498, futur monastère de Sainte-Claire.
Marguerite consacre également une partie de sa fortune aux pauvres, aux malades et aux œuvres hospitalières. Les sources historiques rappellent son engagement constant auprès des plus démunis et son rôle dans le financement des hôpitaux locaux.
Son retrait au monastère des clarisses
En 1520, après avoir transmis le pouvoir à son fils, Marguerite de Lorraine choisit de se retirer au monastère des clarisses d’Argentan qu’elle avait elle-même fondé. Elle y prononce ses vœux religieux avant de mourir en 1521 à Argentan.
Sa réputation de piété et de charité entraîne rapidement une importante dévotion populaire. Elle sera finalement béatifiée en 1921 par l’Église catholique.
Son portrait dans l’église Saint-Germain
Un témoignage du patrimoine religieux argentanais
L’église Église Saint-Germain d'Argentan conserve le souvenir de Marguerite de Lorraine à travers plusieurs éléments patrimoniaux liés à sa mémoire.
Son cœur y aurait notamment été conservé, témoignant de l’attachement durable entre la duchesse et la ville d’Argentan.
Le portrait de Marguerite de Lorraine, diffusé dès le XVIIe siècle par les clarisses d’Argentan, participe également à cette mémoire locale. Une gravure commandée au graveur Pierre van Schuppen vers 1660 présente la duchesse en habit de clarisse, tenant un crâne et une croix de pénitence. Cette représentation insiste autant sur sa noblesse que sur sa vie spirituelle.
Une figure majeure du patrimoine historique de l’Orne
Aujourd’hui encore, Marguerite de Lorraine demeure l’une des grandes figures historiques associées à Argentan et au patrimoine de l’Orne.
Son action politique, son engagement religieux et son rôle dans le développement des institutions charitables ont profondément marqué l’histoire locale. Son souvenir reste étroitement lié à l’abbaye Sainte-Claire, à l’église Saint-Germain et à l’identité patrimoniale de la ville d’Argentan.
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