Wladyslaw Zgorzelski, officier de la 1re Division blindée polonaise
Wladyslaw Zgorzelski est l'un des officiers polonais directement associés à la fermeture de la poche de Falaise-Chambois en août 1944. Né en 1901, militaire de carrière, il appartient en 1944 à la 1re Division blindée polonaise commandée par le général Stanislaw Maczek. Au moment de la bataille de Normandie, il porte le grade de major et commande le 10e Régiment de Dragons, unité d'infanterie motorisée de la division.
Les dragons constituent une composante essentielle des forces blindées polonaises. Transportés dans des véhicules et des engins chenillés, ils peuvent accompagner les chars, occuper le terrain conquis et combattre à pied lorsque les circonstances l'exigent. Zgorzelski commande le 10e Régiment de Dragons depuis novembre 1943 et conduit donc son unité lorsqu'elle entre dans la bataille de Normandie durant l'été 1944.
Maczek confie à Zgorzelski la marche sur Chambois
À la mi-août 1944, les armées allemandes tentent de quitter la poche qui se referme entre Falaise, Trun, Chambois et Argentan. Les Alliés cherchent à établir une jonction entre les forces progressant depuis le nord et celles arrivant du sud. Chambois devient alors l'un des points essentiels du dispositif : sa prise permettrait aux Polonais de rejoindre les Américains et de couper l'une des principales voies de retraite allemandes.
Le 19 août, Maczek réorganise ses forces. Le groupement commandé par Aleksander Stefanowicz reçoit pour objectif les hauteurs de la cote 262, future « Maczuga », tandis que le groupement de Zgorzelski doit prendre Chambois. Cette force comprend notamment le 10e Régiment de Dragons et le 24e Régiment de Lanciers. Les deux mouvements sont complémentaires : tenir les hauteurs et fermer la poche dans la vallée.
La progression des Polonais vers Chambois
Le groupement Zgorzelski progresse vers le sud en direction de Chambois dans un paysage déjà bouleversé par plusieurs jours de combats. Les routes et les chemins sont encombrés de soldats allemands, de véhicules, de convois hippomobiles et de matériels cherchant à gagner l'est. Les Polonais doivent avancer au milieu de cette retraite tout en affrontant les unités allemandes qui tentent de maintenir ouvert le passage.
Le 10e Régiment de Dragons et le 24e Régiment de Lanciers contournent les hauteurs dominant Chambois et approchent de la localité par le nord. Dans le même temps, les soldats américains du 359th Infantry Regiment de la 90th Infantry Division progressent depuis le secteur de Fel. Deux armées alliées convergent ainsi vers le même village sans encore avoir établi de contact direct.
19 août 1944 : la poignée de main de Chambois
Dans la soirée du 19 août 1944, les soldats polonais entrent dans Chambois tandis que les Américains arrivent du sud. Vers 19 heures, les deux forces se rencontrent. Wladyslaw Zgorzelski établit le contact avec le capitaine américain Laughlin Waters du 359th Infantry Regiment. La poignée de main entre les deux officiers devient l'une des images symboliques de la fin de la bataille de Normandie.
Cette rencontre possède une signification militaire qui dépasse largement le simple épisode photographique. Avec la jonction des Polonais venus du nord et des Américains venus du sud, la poche de Falaise-Chambois est théoriquement fermée. Les forces allemandes encore présentes à l'ouest se retrouvent désormais enfermées dans un espace extrêmement réduit.
Une poche fermée mais encore perméable
La jonction de Chambois ne signifie pourtant pas que toute possibilité de fuite allemande disparaît immédiatement. Le front allié reste mince et discontinu par endroits. Entre Saint-Lambert-sur-Dive, Moissy, Coudehard et Chambois, des milliers d'hommes cherchent encore à franchir les lignes alliées. Les combats des 20 et 21 août vont donc être particulièrement violents.
Zgorzelski et ses dragons doivent désormais transformer leur progression offensive en combat défensif. Avec les Lanciers et les soldats américains, ils tiennent Chambois contre les unités allemandes qui cherchent à forcer le passage. Les hommes manquent progressivement de munitions et de ravitaillement tandis que des groupes ennemis apparaissent continuellement autour de leurs positions.
Chambois au cœur des combats des 20 et 21 août
Le 20 août, les attaques allemandes se multiplient. Certaines formations cherchent à sortir de la poche tandis que d'autres attaquent depuis l'extérieur afin de rouvrir un corridor. Le groupement polono-américain installé autour de Chambois se retrouve ainsi dans une situation particulièrement difficile. Les dragons de Zgorzelski participent directement à la défense de la ville et de ses accès.
La résistance de Chambois complète celle des soldats polonais installés sur les hauteurs de Mont-Ormel. Alors que Stefanowicz et ses hommes dominent les axes de retraite depuis la Maczuga, Zgorzelski tient l'un des points de fermeture de la poche dans la vallée. Ces deux actions appartiennent à une même manœuvre conçue par Stanislaw Maczek.
La mémoire de Zgorzelski à Chambois
La mémoire de ces journées reste particulièrement visible à Chambois. Une stèle située près du donjon rappelle la bataille, tandis qu'une plaque dans l'église honore le 10e Régiment de Dragons. Un monument marque également le secteur où s'effectua la jonction entre les Polonais et les Américains le 19 août 1944.
Wladyslaw Zgorzelski occupe ainsi une place particulière dans l'histoire de la libération de l'Orne. Son nom reste attaché à l'instant où les deux branches de la tenaille alliée se rejoignent à Chambois. Si Maczek est l'architecte de la manœuvre, Zgorzelski est l'un des officiers qui l'accomplissent directement sur le terrain.
Plus de détails sur la fermeture de la poche de Falaise-Chambois en août 1944
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